Une délégation de politiciens japonais, non officielle et peu connue, s’est rendue à Pékin cette semaine pour tenter de réchauffer des relations tendues depuis que la première ministre Sanae Takaichi a adopté un ton ferme envers la Chine, notamment sur Taïwan. Selon Dominique Caouette, Tokyo cherche à rouvrir des canaux de dialogue et à garantir l’accès aux minéraux critiques et aux terres rares, dont la Chine contrôle une grande part. Il note que la Chine, qui a restreint certaines exportations vers le Japon, s’en tire plutôt bien face à Trump. Au même moment, l’alliance américaine, fondement de la sécurité du Japon et de la Corée du Sud, apparaît désormais comme négociable : les États-Unis ont retiré une partie de leur flotte vers le Moyen-Orient et suspendu des exercices avec la Corée du Sud. Le Japon veut donc un plan B tout en maintenant une position distincte sur la mer de Chine méridionale.
L’Indonésie, de son côté, adopte une autre stratégie : exercices militaires conjoints avec la Chine, production d’armement chinois en partie assemblé sur place et adoption des technologies chinoises 5G et 6G, tout en gardant des liens avec les États-Unis. Les Philippines, au contraire, restent résolument tournées vers Washington. Caouette décrit une stratégie de « couverture » (hedging) : maintenir des ententes avec des puissances rivales pour ne pas se retrouver isolé. Il oppose la logique transactionnelle américaine à celle de la Chine, qui cherche à bâtir un environnement commercial où elle conserve sa dominance, notamment grâce aux terres rares.
Épisode enregistré le 27 août 2026


